Breaking News

Justice : Rebo Tchulo condamnée à 12 mois de servitude pénale mais sans incarcération immédiate

Catégorie
Image
L’artiste Rebo Tchulo lors de son procès [photo d'illustration]
L’artiste Rebo Tchulo lors de son procès [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a rendu, ce jeudi 27 août 2026, son verdict dans l’affaire impliquant la chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, connue sous le nom de scène Rebo Tchulo. L’artiste a été condamnée à 12 mois de servitude pénale principale, assortis d’un sursis de 24 mois, sans amende. Cette décision met ainsi un terme au procès qui avait retenu l’attention de l’opinion publique congolaise depuis plusieurs mois.

Selon son avocat, Me Kabengela Ilunga Jean-Marie, cette condamnation assortie du sursis permet à Rebo Tchulo de recouvrer sa pleine liberté de mouvement et de reprendre l’ensemble de ses activités artistiques. La chanteuse n’est donc pas appelée à exécuter immédiatement une peine d’emprisonnement. Le sursis signifie toutefois que la peine prononcée reste assortie de conditions dont le respect est lié à la décision judiciaire.

Avant le verdict, le parquet militaire avait requis une peine de 14 mois de servitude pénale principale contre l’artiste. Le ministère public la poursuivait pour incitation présumée de militaires à poser des actes contraires au devoir et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo. De son côté, la partie civile, Platini Sadisa, avait réclamé 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts.

L’affaire avait commencé en avril 2026, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un jeune homme soumis à de violentes bastonnades par plusieurs militaires. Les images avaient rapidement suscité une vive indignation et conduit les autorités judiciaires à ouvrir une enquête.

Selon les éléments rapportés au cours de la procédure, le jeune homme, identifié comme Platini Sadisa, était présenté comme un présumé voleur. Il aurait été interpellé dans le contexte de la disparition de biens appartenant à Rebo Tchulo. Le ministère de la Justice avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire après le signalement de la vidéo le 19 avril.

Au fil de l’instruction, l’accusation a soutenu que Rebo Tchulo aurait incité des militaires à commettre des actes contraires à leurs devoirs et à la discipline militaire. Plus précisément, le ministère public lui reprochait d’avoir ordonné que la personne soupçonnée de vol soit extraite d’une concession d’Utexafrica où elle s’était réfugiée, puis conduite dans la concession de l’artiste, où elle aurait ensuite subi des violences. Treize militaires étaient également poursuivis dans le même dossier, notamment pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes.

Devant la justice militaire, Rebo Tchulo a contesté les accusations portées contre elle et plaidé son innocence. Sa défense avait notamment remis en question la qualification juridique des faits qui lui étaient reprochés et soutenu que l’infraction d’incitation ne pouvait pas être retenue de la manière présentée par l’accusation. Le procès s’est poursuivi pendant plusieurs semaines, avant que le tribunal ne prenne l’affaire en délibéré après les réquisitions du parquet et les plaidoiries des différentes parties.

Le prononcé du verdict, initialement annoncé pour le 20 août, avait finalement été reporté au 27 août en raison de l’absence d’un juge ayant participé à l’instruction du dossier. Le président de la composition, le capitaine magistrat Guy Kwesh, avait expliqué que la juridiction ne pouvait pas rendre une décision avec une composition irrégulière.

Étiquettes
Jeudi 27 août 2026 - 15:20