Par Prehoub Urprus
Réunis ce vendredi 25 avril 2025, dans la capitale américaine, la RDC -République démocratique du Congo- et le Rwanda ont franchi une étape diplomatique importante, en signant une déclaration de principes sous l’égide du secrétaire d'État américain, Marco Rubio. Ce document jette les bases d’un futur accord de paix, à élaborer d’ici le 2 mai.
Au cœur de cette déclaration conjointe, les deux parties s’engagent à travailler sur les causes profondes de l’instabilité dans l’est de la RDC. Kinshasa, représentée par la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, insiste sur l'urgence humaine de ce processus. "Pour nous, Congolais, l’urgence de cette initiative n’est pas théorique, elle relève de l’humain", a-t-elle déclaré, soulignant la souffrance des populations civiles et la nécessité d’une solution durable.
"C’est un engagement de principe, pas une fin en soi. Ce que nous voulons, c’est une paix véritable, une paix juste, qui respecte notre souveraineté et qui bénéficie à la population. Nous sommes venus avec une position claire et nous repartons avec une opportunité à transformer en réalité", a ajouté Thérèse Kayikwamba.
La RDC défend donc une approche centrée sur la sécurité, le retour volontaire des réfugiés, la protection des droits humains et la lutte contre les groupes armés. Elle plaide aussi pour un engagement régional autour du développement économique, afin de s’attaquer aux racines du conflit.
Du côté rwandais, le chef de la diplomatie Olivier Nduhungirehe a salué la médiation américaine, remerciant le Président Donald Trump pour avoir contribué à initier une approche qu’il qualifie de "pragmatique". Kigali insiste sur la nécessité d’aborder l’ensemble des facteurs à la base des tensions. "Aujourd’hui, nous parlons de vrais problèmes (…) la paix durable passe par la sécurité, le retour des réfugiés, mais aussi la mise en place de chaînes des valeurs économiques. Il est temps de tourner la page des malentendus", a-t-il affirmé.
Soutenant le processus de Doha, les États-Unis semblent désormais jouer leur propre partition. En misant sur une diplomatie économique, Washington prépare un accord minier avec Kinshasa et d'autres pays de la région. Un levier de stabilisation assumé par Marco Rubio, qui voit dans l’investissement et le développement des outils clés pour consolider la paix à long terme.