Par Gloire Balolage
L’activiste social congolais Hervé Amani a réagi à la suite des propos tenus à Houston par le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, lors d’une rencontre avec des Congolais vivant aux États-Unis en marge d’un événement sportif.
Dans une déclaration publique, il dénonce ce qu’il qualifie de dérive dans le discours politique du chef de l’État, estimant que certaines prises de parole à caractère offensif porteraient atteinte à la dignité de la fonction présidentielle. Selon lui, un président en exercice ne devrait pas recourir à des attaques personnelles dans un cadre international.
« Les propos tenus par le président Félix Tshisekedi à Houston à l’encontre de son prédécesseur, Joseph Kabila, constituent une honte pour la fonction présidentielle et une humiliation pour la République.
Qu’un président de la République en exercice choisisse une tribune internationale pour traiter un ancien chef de l’État de "chien" révèle non seulement un manque flagrant de hauteur d’esprit, mais également une inquiétante dérive dans la manière de concevoir le pouvoir », a-t-il regretté dans sa déclaration.
Hervé Amani considère également que ces propos traduisent, selon lui, une difficulté à répondre aux attentes de la population. Il affirme que le peuple congolais attend des résultats concrets face aux défis sécuritaires et socio-économiques, plutôt que des polémiques ou des règlements de comptes politiques.
Dans sa déclaration, l’activiste estime par ailleurs que les difficultés actuelles du pays ne peuvent être systématiquement attribuées à des figures du passé. Il appelle à une responsabilité politique axée sur la gestion des urgences nationales et la recherche de solutions durables.
« Lorsqu’un dirigeant en arrive à l’injure, c’est souvent parce qu’il n’a plus d’arguments. Lorsqu’il remplace le bilan par l’insulte, c’est qu’il cherche à détourner l’attention de ses propres échecs. La vérité que Monsieur Tshisekedi tente désespérément de cacher est simple : après plusieurs années au pouvoir, il lui est devenu impossible d’expliquer aux Congolais pourquoi la guerre s’est aggravée, pourquoi des pans entiers du territoire national échappent au contrôle de l’État, pourquoi la misère progresse et pourquoi les promesses du "changement" se sont transformées en une immense désillusion nationale », a-t-il ajouté.
Il accuse également une tendance à désigner des boucs émissaires dans le débat politique, rappelant que les institutions actuelles disposent de tous les leviers de gouvernance. Pour lui, la priorité devrait être la restauration de l’autorité de l’État et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Enfin, il conclut en rappelant que « le peuple congolais n’attend plus des insultes mais des résultats », et que « les Congolais jugeront, car l’histoire retient les faits plus que les discours ».
Pour rappel, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a affirmé que les ennemis du pays auraient profité d’une période de distraction pour s’infiltrer et affaiblir la nation, estimant qu’un fils du pays, Laurent-Désiré Kabila, aurait été écarté et remplacé par Joseph Kabila, qu’ils auraient, selon ses propos, pu contrôler à leur guise.