Par Don Benjamin Makolo
Joint au téléphone, ce mercredi 23 septembre 2026, par la rédaction d'Opinion-info.cd, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), a livré sa lecture de la marche organisée, mardi 22 septembre, par l'UDPS et ses alliés, en faveur du changement de la Constitution, de la loi référendaire et d'un dialogue inclusif.
Sur cette mobilisation, Jonas Tshiombela estime qu'elle constitue une forme d'expression citoyenne à prendre en considération.
« La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) salue toute mobilisation citoyenne pacifique qui permet au peuple de s'exprimer sur l'avenir de la République », déclare-t-il.
Il se dit favorable aux réformes et à un dialogue national qu'il souhaite « véritablement inclusif », tout en posant une limite concernant les personnes impliquées dans des crimes graves.
« Inclusif ne signifie pas impunité », insiste-t-il.
Pour le responsable de la NSCC, un éventuel dialogue ne devrait pas servir de cadre à un règlement politique des responsabilités judiciaires.
« On ne peut pas utiliser le dialogue comme une blanchisserie politique pour laver le sang versé sur le sol congolais », affirme Jonas Tshiombela, rappelant les précédents dialogues ayant notamment conduit, selon lui, au partage des postes ainsi qu'au brassage, au mixage et à l'intégration de groupes armés dans les institutions.
« La NSCC dit oui au dialogue, oui aux réformes, oui à la participation populaire, mais non à l'impunité et non à la récompense politique de la violence armée », résume-t-il.
Réagissant aux propos de Steve Mbikayi, pour qui les manifestations traduisent la volonté du peuple, Jonas Tshiombela appelle, toutefois, à ne pas assimiler une mobilisation à l'ensemble de la population congolaise.
« Il faut prendre cette mobilisation au sérieux, mais il ne faut pas commettre l'erreur de confondre une manifestation avec l'ensemble du peuple congolais », souligne-t-il.
Tshiombela estime que la volonté populaire doit également pouvoir s'exprimer à travers les mécanismes institutionnels et démocratiques.
« Le peuple congolais n'est ni la propriété du pouvoir ni celle de l'opposition. Le peuple est le souverain primaire », affirme-t-il, plaidant pour un débat contradictoire, une information suffisante et des conditions transparentes avant toute consultation populaire.
Concernant la dénonciation par Delly Sesanga de « deux poids, deux mesures » dans l'encadrement des manifestations, Jonas Tshombela appelle à attendre les conclusions de l'enquête annoncée après la marche du 15 septembre.
« Nous devons laisser cette enquête établir les responsabilités. La NSCC ne veut ni justice sélective ni condamnation politique anticipée », explique-t-il.
Il adresse également un message à l'opposition, appelée selon lui à davantage de cohésion et de responsabilité dans l'organisation des manifestations.
« Manifester est un droit. Préserver la paix pendant la manifestation est une responsabilité », rappelle-t-il, tout en demandant aux autorités publiques de garantir l'exercice équitable des libertés publiques. Pour la NSCC, conclut Jonas Tshombela, il ne doit y avoir « ni répression politique, ni violence politique », mais une protection du droit de manifester et l'application de la loi à tous les acteurs.