Par la Rédaction
Le nombre de personnes en situation d’urgence alimentaire aiguë dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a presque doublé, a annoncé le Programme alimentaire mondial (PAM) le 7 novembre 2025. Selon les données communiquées, une personne sur trois dans les provinces orientales du pays Nord‑Kivu, Sud‑Kivu, Ituri et Tanganyika est confrontée à une situation de faim critique, voire pire, soit plus de 10 millions de personnes.
« Le nombre de personnes confrontées à une situation d’insécurité alimentaire sévère explose. Il a presque doublé depuis l’année dernière. » a déclaré Cynthia Jones, directrice du PAM pour la RDC.
La crise alimentaire s’inscrit dans un contexte national déjà alarmant. Au total, près de 26,6 millions de personnes dans le pays sont projetées en « crise » (IPC Phase 3 ou plus) d’ici début 2026, dont 3,9 millions en situation d’urgence (IPC Phase 4) selon l’analyse la plus récente. Les provinces de l’est sont les plus touchées.
Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration rapide. Les conflits armés, notamment dans les zones orientales, ont perturbé la production agricole et les circuits commerciaux. Par exemple, la production dans le Grand Nord du Nord-Kivu a été fortement affectée. La route de ravitaillement de l’aéroport de Goma reste fermée, compliqué l’accès à l’aide. En parallèle, les prix des aliments de base ont grimpé : les prix de la farine de maïs, de l’huile de palme ou de la farine de manioc ont augmenté jusqu’à 37 % par rapport à décembre 2024.
La situation est particulièrement grave pour les populations déplacées. Les personnes qui ont fui les combats ont souvent abandonné leurs champs ou leurs moyens de subsistance, ce qui les rend doublement vulnérables. Entre janvier et avril 2025, près de 140 000 Congolais ont fui vers les pays voisins, selon le PAM. Face à cela, l’agence onusienne a intensifié certaines actions : entre janvier et mars 2025, elle a atteint 1,1 million de personnes dans l’est avec aide alimentaire, soutien scolaire, et distributions de suppléments nutritionnels.
Malgré ces efforts, le manque de ressources reste un obstacle majeur. Le PAM et la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lancent un appel urgent à la communauté internationale pour combler un déficit de financement et maintenir l’aide. Si les fonds ne sont pas rapidement disponibles, les interventions risquent de ne plus suffire face à la montée des besoins.