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Ebola en RDC : MSF appelle les autorités et leurs partenaires à renforcer d’urgence les capacités de diagnostic et de surveillance

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Par Gloire Balolage 

Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme sur les nombreuses insuffisances qui continuent de freiner les efforts de lutte contre la maladie

Dans un communiqué publié ce lundi 15 juin, l’organisation humanitaire estime que, malgré une intensification récente des interventions, les capacités de diagnostic, de surveillance, de recherche des contacts et d’engagement communautaire demeurent largement insuffisantes face à l’ampleur de la crise.

Pour MSF, la progression de l’épidémie dépasse encore la vitesse de la réponse déployée sur le terrain. L’organisation souligne qu’il demeure difficile de mesurer avec précision l’étendue réelle de la propagation du virus dans le pays. Selon Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC, les centres de traitement de l’Ituri sont fortement sollicités et accueillent de nombreux patients à un stade avancé de la maladie. 

Elle relève également que la majorité de ces personnes n’avaient pas été identifiées ni suivies comme contacts avant leur admission dans les structures de soins.

L’épidémie touche actuellement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est du pays. L’Ituri concentre à elle seule près de 95 % des cas recensés. La réponse est conduite par le ministère congolais de la Santé avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux. Toutefois, l’insécurité persistante dans certaines zones complique l’accès des équipes sanitaires et limite les opérations de détection, de dépistage et de suivi des contacts. Par ailleurs, les autorités sanitaires ougandaises ont signalé 19 cas confirmés dans le pays voisin.

Les autorités congolaises ont officiellement enregistré plus de 650 cas confirmés ainsi que plus de 130 décès. Cependant, MSF estime que ces chiffres pourraient être largement inférieurs à la réalité. L’organisation considère que le manque de dépistage rapide et l’accès limité aux outils de diagnostic dans plusieurs zones affectées empêchent d’obtenir une image complète de la situation épidémiologique.

Le dépistage demeure ainsi l’un des principaux points faibles de la riposte. Malgré le renforcement des capacités de laboratoire et l’arrivée de centaines de tests mobiles spécialement conçus pour le virus Bundibugyo, de nombreuses localités, notamment celles affectées par l’insécurité, restent difficilement accessibles. 

Dans plusieurs centres de traitement, les équipes médicales doivent encore attendre longtemps avant d’obtenir les résultats des analyses, ce qui retarde l’identification précoce des cas et complique les efforts visant à contenir la propagation du virus.

MSF rappelle également que les zones touchées par l’épidémie sont marquées par des années de conflits armés, des déplacements répétés de populations et un accès limité aux soins de santé. Ces difficultés structurelles fragilisent davantage les communautés et favorisent la circulation de la maladie. En Ituri, où l’organisation intervient depuis plusieurs décennies, ses équipes observent par ailleurs un climat de peur et de méfiance parmi les habitants face au déploiement des dispositifs de réponse contre Ebola.

Selon Frédéric Lai Manantsoa, coordinateur d’urgence de MSF en RDC, la lutte contre l’épidémie ne peut être efficace sans une véritable implication des communautés concernées. Il estime que la sensibilisation seule ne suffit pas et qu’il est essentiel d’écouter les préoccupations des populations afin de renforcer la confiance et leur participation aux stratégies mises en œuvre. 

L’organisation insiste également sur la nécessité de maintenir les services de santé courants, notamment les soins maternels, la vaccination des enfants ainsi que la prise en charge du paludisme et du choléra.

Bien que le nombre de cas confirmés demeure relativement faible au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ces provinces sont confrontées aux mêmes difficultés de surveillance et de dépistage. Au Nord-Kivu, un seul laboratoire est actuellement disponible pour analyser les échantillons sanguins, avec des délais pouvant atteindre plusieurs jours, voire près d’une semaine dans certains cas. 

Face à cette situation, MSF poursuit le déploiement de ses équipes dans des zones reculées afin de renforcer les capacités locales de détection et de réponse. L’organisation estime que l’épidémie peut encore être maîtrisée, mais appelle à une accélération urgente des efforts pour améliorer le diagnostic, la surveillance, l’accès aux soins et l’engagement communautaire.

Lundi 15 juin 2026 - 16:29