Par Gloire Balolage
Vingt-deux ans après le massacre de Gatumba, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege revient sur cette tragédie qui avait coûté la vie à de nombreux réfugiés congolais au Burundi. Dans un message publié sur son compte X à l’occasion de cette commémoration, le gynécologue congolais dénonce une nouvelle fois l’impunité et appelle à ce que justice soit rendue aux victimes de ce massacre.
« Il y a 22 ans jour pour jour, dans la nuit du 13 août 2004, le camp de Gatumba a été le théâtre d’un massacre odieux ayant ciblé des réfugiés congolais », a écrit Denis Mukwege.
Selon lui, 160 personnes avaient été tuées dans leur sommeil et une centaine d’autres blessées lors de cette attaque survenue dans le camp de réfugiés de Gatumba, près de Bujumbura, la capitale burundaise.
Le massacre s’était déroulé dans la nuit du 13 au 14 août 2004. D’après les éléments rappelés dans le contexte de cette commémoration, des combattants armés, pour la plupart présentés comme appartenant au Front national de libération (FNL), avaient attaqué le camp, faisant de nombreuses victimes parmi les réfugiés congolais. Les victimes étaient principalement des Banyamulenge, une communauté souvent assimilée aux Tutsi.
Pour Denis Mukwege, le souvenir de Gatumba reste étroitement lié à la question de l’impunité, qu’il présente comme l’un des facteurs alimentant la persistance des violences dans la région.
« La culture de l’impunité est le principal carburant qui alimente le cycle de la violence », affirme-t-il dans son message, en établissant ainsi un lien entre l’absence de justice pour les crimes passés et la répétition des violences.
La commémoration intervient alors que la communauté banyamulenge continue de réclamer justice pour les victimes du massacre. Jeudi 13 août 2026, plusieurs centaines de membres de cette communauté venus de différentes parties du Sud-Kivu se sont rassemblés à Bukavu pour commémorer les victimes, vingt-deux ans après les faits.
Le massacre de Gatumba avait également été commis dans un contexte marqué par des processus de paix fragiles au Burundi et en République démocratique du Congo. L’attaque avait ainsi accentué les tensions politiques et sécuritaires dans une région déjà profondément marquée par les conflits. Les forces de maintien de la paix des Nations unies présentes à l’époque n’avaient pas pu intervenir à temps, n’ayant pas été informées de l’attaque avant qu’elle ne soit perpétrée. Les forces armées et la gendarmerie burundaises avaient également été critiquées pour leur incapacité à protéger les civils.
Vingt-deux ans après les faits, Denis Mukwege renouvelle donc son appel à la justice. Le prix Nobel de la paix estime que les victimes de Gatumba, comme celles des trois dernières décennies de conflits en République démocratique du Congo, ne doivent pas être oubliées.
« Nous exigeons que justice soit faite pour Gatumba et pour toutes les victimes de ces trois décennies de conflits en République démocratique du Congo », conclut-il.