Par Serge Mavungu
Le Président Félix Tshisekedi appelle les Congolais à tirer les leçons des crises successives et des limites des précédents processus politiques afin de mieux préparer l’avenir et de poser les bases d’une véritable refondation de l’État.
Dans son adresse à la Nation, jeudi 27 août 2026, depuis le Palais de la Nation à Kinshasa, le chef de l’État a dressé un diagnostic des fragilités qui ont marqué l’histoire de la République démocratique du Congo depuis son accession à l’indépendance.
Selon lui, le pays a connu de nombreux dialogues, tables rondes, conférences, concertations et négociations ayant permis, à certaines périodes, de restaurer les institutions, de mettre fin à des affrontements ou de rouvrir la voie démocratique. Mais ces processus n’ont pas toujours permis d’empêcher la résurgence des crises.
Félix Tshisekedi estime que l’une des principales faiblesses a été de privilégier trop souvent le partage du pouvoir plutôt que la consolidation de l’État.
« Un arrangement politique peut être remis en cause. Seule une institution forte, légitime et durable protège la République dans le temps », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également relevé que plusieurs processus étaient restés concentrés entre acteurs politiques, loin des réalités quotidiennes des populations. Il estime qu’un accord ne peut durer s’il n’est pas compris, approprié et défendu par la nation elle-même.
Des engagements qui doivent produire des résultats
Félix Tshisekedi a par ailleurs dénoncé l’insuffisance des mécanismes de suivi des engagements pris au cours des précédents processus.
Responsabilités mal définies, calendriers imprécis, moyens insuffisamment identifiés et mécanismes de suivi trop faibles ont, selon lui, contribué à l’échec de plusieurs engagements.
« Trop souvent, la signature a été confondue avec l’action », a-t-il regretté.
Il a également estimé que l’urgence de faire taire les armes avait parfois conduit à différer le traitement des causes profondes des conflits.
Les questions relatives à la justice, à la sécurité, aux territoires, à la responsabilité publique et au service au citoyen doivent désormais, selon lui, être abordées en profondeur.
« Nous avons voulu tourner la page sans toujours l’avoir lue jusqu’au bout. Nous avons voulu reconstruire sans assainir suffisamment les fondations », a-t-il déclaré.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra »
Dans cette perspective, le président de la République a appelé à dépasser les rivalités politiques, les divergences idéologiques et les appartenances communautaires lorsqu’elles risquent de fragiliser l’unité nationale.
Pour lui, la cohésion nationale ne signifie pas la disparition des divergences. Elle doit plutôt permettre aux Congolais de défendre des projets différents tout en restant attachés à leur commune citoyenneté.
« La République nous précède, nous dépasse et nous survivra », a-t-il affirmé.
Et de poursuivre : « Si la démocratie nous autorise à nous opposer, la patrie, elle, nous interdit de nous déchirer. »
À travers cet appel, Félix Tshisekedi entend inscrire la refondation de l’État dans une démarche fondée sur les leçons du passé, le renforcement des institutions et la recherche d’une cohésion nationale durable.