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RDC : Tshisekedi exclut les groupes armés du dialogue national et ferme la porte à une amnistie pour les crimes les plus graves

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Le Président de la République,  Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo [photo d'illustration]
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo [photo d'illustration]

Par Grevisse Tekilazaya

Le dialogue national annoncé par Félix-Antoine Tshisekedi ne constituera pas une nouvelle table de négociation avec les groupes armés. Dans son adresse à la nation, ce jeudi 27 août 2026, le Président de la République a fixé des lignes rouges, notamment sur la participation des acteurs armés et le traitement des crimes les plus graves commis dans le cadre des conflits qui ont marqué la République démocratique du Congo.

Félix Tshisekedi a notamment insisté sur le fait que le dialogue national ne se substituera pas au processus de Doha engagé avec le M23-AFC. Les discussions menées dans ce cadre portent notamment sur la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement.

Pour le chef de l’État, le futur dialogue national ne saurait devenir une voie parallèle permettant à ceux qui ont pris les armes d’obtenir, par la force, ce que la démocratie et l’ordre constitutionnel ne leur ont pas accordé.

Cette distinction vise à séparer deux démarches : d’un côté, le processus de Doha consacré à la question des hostilités et au désarmement ; de l’autre, le dialogue national présenté comme un cadre souverain destiné aux Congolais et consacré à la cohésion nationale et à la refondation de l’État.

Tshisekedi n’a toutefois pas fermé définitivement la porte à une réintégration individuelle de certains combattants. Il a indiqué qu’une voie resterait ouverte à ceux qui renonceraient de manière sincère et vérifiable à la lutte armée, condamneraient sans équivoque l’agression subie par le pays et reconnaîtraient les souffrances infligées aux victimes.

Cette éventuelle réintégration devra s’inscrire dans les mécanismes existants de désarmement, démobilisation, réintégration, relèvement communautaire et stabilisation, ainsi que dans les dispositifs de justice et de réconciliation.

Mais le Président a posé une seconde limite : la recherche de la paix ne pourra pas se faire au prix de l’impunité.

« La paix ne saurait signifier l’impunité », a-t-il affirmé, excluant toute amnistie générale susceptible d’effacer les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide ou encore les violences sexuelles graves.

« Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli », a ajouté Félix Tshisekedi, qui estime que la réconciliation doit nécessairement prendre en compte les victimes.

Cette position s’inscrit dans la volonté affichée par le chef de l’État de tirer les leçons des précédents processus de paix. Dans son analyse de l’histoire politique congolaise, il avait notamment déploré que les victimes aient souvent été appelées à pardonner avant d’avoir été pleinement entendues, reconnues et réparées.

Le nouveau dialogue devra donc, selon la vision présentée par le Président, rechercher un équilibre entre deux impératifs : offrir une possibilité de sortie de la violence à ceux qui y renoncent réellement et préserver le droit des victimes à la justice.

En fixant ces limites, Félix Tshisekedi entend ainsi distinguer le dialogue national annoncé des précédents arrangements politiques, tout en maintenant ouverte une perspective de réintégration pour les combattants qui renonceraient effectivement à la violence et accepteraient les exigences posées par l’État.

Jeudi 27 août 2026 - 22:03