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Kinshasa: circuler ou survivre, il faut choisir ! rouler est devenu un acte de foi

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Aperçu du boulevard du 30 juin à Kinshasa [photo d'illustration]
Aperçu du boulevard du 30 juin à Kinshasa [photo d'illustration]

Par Patrick Kitoko

Ce lundi 26 janvier 2026, à Kinshasa, prendre la route relève moins du déplacement que de la dévotion. Avant même de démarrer le moteur, l’automobiliste est invité à communier financièrement, 70 $ pour la vignette, 120 $ pour le permis, 80 $ pour le contrôle technique et 294 $ pour l’assurance.Total, une offrande respectable, surtout quand on se souvient que nombre de fonctionnaires ont trimé toute l’année pour être payés en décembre 2025, parfois à la veille du Nouvel An.

Mais à Kinshasa, l’effort est une vertu à sens unique. La ville impose, encaisse et contrôle, pendant que les routes, elles, méditent encore sur le concept de l’asphalte.

Nids-de-poule profonds comme des arguments budgétaires, embouteillages éternels et policiers routiers omniprésents, plus prompts à verbaliser qu’à réguler; tout est réuni pour transformer chaque trajet en parcours initiatique.

Face à cette brillante organisation urbaine, les Kinois ont répondu avec leur arme favorite, l’adaptation. Certains ont choisi de marcher, redécouvrant les joies du pied-à-terre et des chaussures usées.

D’autres, plus audacieux ou plus désespérés, ont réglé leur réveil à 4h30 du matin, espérant passer entre les mailles d’un filet administratif tendu au lever du jour. Dans les arrêts de bus, sur les trottoirs et dans les embouteillages, une même question circule plus vite que les véhicules : Quand les autorités decident-elles de rendre la vie plus facile à la population ? Pour l'instant, la réponse semble claire: quand les routes seront réparées, les embouteillages fluides et les contrôles respectueux. Autrement dit, pas ce lundi 26 janvier 2026.

Car à Kinshasa, il ne suffit plus d’avoir un véhicule en règle, encore faut-il avoir le bon timing, le bon visage et, idéalement, la bonne humeur face aux tracasseries routières devenues une institution non écrite.

Ce qui frappe, ce n’est pas tant la volonté de réglementer, personne ne réclame l’anarchie, mais l’absence totale de réciprocité. 

On paie beaucoup pour rouler peu, mal et lentement. On exige la conformité sur des routes qui, elles, n’ont jamais passé le contrôle technique.

Quand les autorités décident de rendre la vie difficile à la population, elles appellent cela « assainir ». Les Kinois, eux, appellent cela « survivre ». Entre les deux, il y a une réalité bien connue; à Kinshasa, circuler n’est plus un droit, c’est un privilège chronométré.

Et demain ? On se lèvera encore plus tôt ? Ou on marchera encore plus longtemps ? Parce qu’ici, même l’espoir doit éviter les embouteillages.

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Lundi 26 janvier 2026 - 21:32