Breaking News

RDC : la Banque mondiale alerte sur les pertes de 5,3 milliards USD des entreprises publiques et l’urgence des réformes

Catégorie
Image
Ressources abondantes, mais peu de retombées sociales en RDC [photo générée par l’IA]
Ressources abondantes, mais peu de retombées sociales en RDC [photo générée par l’IA]

Par Prosper Buhuru

La Banque mondiale a publié, ce mardi 24 mars 2026, un rapport critique sur la situation des entreprises publiques en République démocratique du Congo, pointant des pertes cumulées estimées à 5,3 milliards de dollars au cours de la dernière décennie, malgré une croissance économique soutenue du pays.

Selon cette institution, la RDC affiche une performance macroéconomique supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, avec une croissance estimée à 5,5 % en 2025. Toutefois, cette dynamique ne se traduit pas en amélioration concrète des conditions de vie des populations. Plus de 80 % des Congolais continuent de vivre sous le seuil international de pauvreté, dans un contexte marqué par de fortes inégalités et un accès limité aux services de base.

Le rapport met particulièrement en cause les entreprises publiques, actives dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’eau, les transports et les mines. Censées jouer un rôle moteur dans le développement, ces structures sont plutôt devenues, selon la Banque mondiale, des sources importantes de risques budgétaires. Les pertes enregistrées sur dix ans équivalent à près d’une décennie de budget national consacré à la santé, souligne l’institution.

Face à ce constat, la Banque mondiale appelle les autorités congolaises à engager des réformes structurelles profondes. Elle recommande notamment une clarification des mécanismes de gouvernance, une professionnalisation des équipes dirigeantes ainsi qu’un renforcement de la transparence financière.

Pour l’institution, ces transformations sont indispensables pour sortir les entreprises publiques de ce qu’elle qualifie de « torpeur institutionnelle », améliorer leur performance et garantir un meilleur accès des citoyens à des services essentiels de qualité.

Ce rapport relance ainsi le débat sur l’efficacité du modèle économique congolais, où la richesse des ressources naturelles contraste fortement avec la persistance de la pauvreté, posant avec acuité la question de la redistribution et de la gouvernance des ressources publiques.

Mardi 24 mars 2026 - 15:42