Mireille Lusiense Zena

1,2 milliard de dollars pour Ebola : mais qui écoute les communautés ? [Tribune]

Par Mireille Lusiense Zena, Experte en sciences de l'information et de la communication – Experte en communication pour la santé et communication pour le changement social et de comportement

Le nouveau plan de riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo affiche une ambition considérable : près de 1,2 milliard de dollars, dont environ 870 millions consacrés au secteur de la santé, pour contrôler l’épidémie dans un délai de 180 jours.

Ebola : quand la télévision de santé est mise à l’épreuve [Tribune]

En 2025, je publiais Télévision et Santé. Conditions de production des émissions télévisées de santé à Kinshasa. En 2026, Ebola survient et vient, avec une brutalité particulière, remettre cette réflexion au centre du débat. Ce rapprochement entre un ouvrage consacré aux conditions de production de l'information sanitaire et une nouvelle épidémie n'est pas fortuit.

Lorsqu'une crise sanitaire surgit, on pense naturellement aux médecins, aux infirmiers, aux laboratoires, aux centres de traitement, aux vaccins et aux équipes de riposte.

Ebola : le risque de l’habitude [Tribune]

Les épidémies ont leur propre temporalité. Elles commencent souvent dans le fracas des alertes, des communiqués, des chiffres quotidiens et des appels à la vigilance. Les messages circulent rapidement, les médias s’emparent du sujet, les communautés s’informent et les comportements de protection s’installent sous l’effet de l’urgence.

Puis, progressivement, quelque chose change. Non pas parce que le risque disparaît nécessairement, mais parce qu’il devient familier.

J’ai appris le paludisme autrement [Tribune]

20 août : Journée mondiale du moustique. Pendant plus de dix ans, j’ai travaillé sur des campagnes de lutte contre le paludisme. PNUD/Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, ASF/PSI, SANRU …  Des institutions différentes, des projets différents, des contextes différents. Mais une même préoccupation : faire de la communication un véritable outil de santé publique.

Le public n’est pas idiot (Une tribune de Mireille Lusiense Zena — Experte en Sciences de l’Information et de la Communication)

Au cours de ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler sur des projets, des campagnes et des actions de communication qui m’ont appris une chose essentielle : nous surestimons parfois la puissance de nos messages et sous-estimons l’intelligence de ceux auxquels nous les adressons.

Nous continuons pourtant à communiquer comme si le public attendait sagement qu’on lui dise quoi penser, quoi faire et même quoi croire.

On conçoit un message.

On choisit un slogan.

On produit des supports.

On lance une campagne.

Quand le message est parfait mais que le comportement ne change pas [Tribune de Mireille Lusiense Zena, chercheure et experte en sciences de l'information et de la communication]

Il arrive que tout semble avoir été fait correctement. Le message a été soigneusement élaboré. Les experts ont validé son contenu. Les affiches sont belles, les spots sont professionnels, les réseaux sociaux sont mobilisés, les relais communautaires sensibilisent. Les statistiques de diffusion sont encourageantes. Et pourtant, sur le terrain, le comportement ne change pas. Cette situation devrait nous interpeller.

Quand informer ne suffit plus : repenser la communication pour la santé [Tribune de Mireille Lusiense Zena, experte en Sciences de l'information et de la communication]

Pendant longtemps, communiquer pour la santé a semblé relever d’une équation relativement simple : une bonne information devait conduire à une bonne décision.

On produisait des affiches, des spots radio et télévisés, des messages de sensibilisation, des campagnes de proximité. On expliquait les risques, on donnait des conseils, on rappelait les comportements à adopter. Et l’on espérait que, suffisamment informées, les populations changeraient naturellement leurs pratiques.

La communication pour la santé sauve des vies : "il est temps de la reconnaître comme une intervention de santé publique" [Tribune de Mireille Lusiense Zena, chercheuse en Sciences de l'information et de la Communication]

La République démocratique du Congo est confrontée à sa dix-septième épidémie d'Ebola. Comme lors de chaque crise sanitaire, les regards se tournent naturellement vers les médecins, les épidémiologistes, les laboratoires et les équipes de riposte. Leur rôle est incontestable. Mais une question mérite d'être posée : combien de vies auraient pu être davantage protégées si la communication pour la santé avait été pleinement reconnue comme une intervention stratégique de santé publique ?

Communication pour la santé en RDC : « Il est temps de produire nos propres preuves scientifiques » [Tribune de Mireille Lusiense Zena, chercheuse en Sciences de l'Information et de la Communication et experte en communication pour la santé ]

La République démocratique du Congo est confrontée depuis plusieurs décennies à des défis sanitaires d’une ampleur exceptionnelle. Les épidémies d’Ebola, de choléra, de rougeole, de mpox, les flambées de poliomyélite, la lutte contre le paludisme ou encore les enjeux liés à la santé maternelle et infantile rappellent chaque année qu’aucune réponse sanitaire ne peut réussir sans une communication efficace.

RDC: Mireille Lusiense Zena, la voix congolaise de la communication pour le changement social

Par la Rédaction 

À la croisée de la science, de l’action et de l’engagement, Mireille Lusiense Zena s’impose comme l’une des figures les plus marquantes de la communication institutionnelle et sociale en République Démocratique du Congo.

Chercheuse, enseignante, consultante et entrepreneure, elle incarne cette génération de femmes congolaises qui ont su conjuguer excellence académique et leadership engagé.

De l’IFASIC à la recherche doctorale : un parcours d’excellence